Loi DDADUE (Diverses Dispositions d’Adaptation au Droit de l’Union Européenne)

Les changements en droit du travail mis en vigueur le 11 mars 2023.

La loi précise de nouvelles règles en trois chapitres :

  • Conditions de travail transparentes et prévisibles ;
  • Equilibre entre vie professionnelle et vie privé des parents et des aidants ;
  • Diverses mesures de protection de la santé publique

I – Les nouvelles obligations d’information à la charge de l’employeur

Les informations à remettre au salarié lors de son embauche

Afin de renforcer l’accès à l’information des salariés sur les éléments essentiels de la relation de travail, l’employeur devra remettre au salarié un ou plusieurs documents écrits contenant les informations principales relatives à la relation de travail. Un salarié peut exiger ces informations à son employeur et en cas de non obtention il peut saisir le juge compétent.

Un décret en Conseil d’Etat fixera la liste des informations devant figurer dans ces documents en se référant probablement à la liste établie par la directive européenne.

L’information des salariés précaires sur les postes disponibles en CDI

Toujours dans le but de transparence et d’accès à l’information, à la demande du salarié en CDD ou en intérim, justifiant chez l’employeur ou l’entreprise utilisatrice d’une ancienneté continue d’au moins 6 mois, pourra demander à l’employeur ou à l’entreprise utilisatrice de l’informer des postes en CDI à pourvoir en son sein. Un décret fixera les modalités d’application de cet article.

Cette nouvelle obligation concerne tous les employeurs sauf :

  • Les employeurs de salariés en CDD ou en contrat à temps partiel via le CESU dès lors qu’ils sont employés moins de trois heures par semaine sur une période référence de quatre semaines ;
  • Les employeurs qui remplissent leurs obligations déclaratives auprès du Guso.

II – Les modifications apportées à certains congés paternité et congé parental d’éducation

  • Le congé parental d’éducation 

Pour les congés de présence parentale il est désormais prévu que le salarié conserve le bénéfice de tous les avantages qu’il a acquis avant le début de son congé. Cette nouvelle disposition permettrait notamment aux salariés concernés d’avoir la garantie de conserver leurs droits à congés payés acquis avant leur congé.

  • Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant

La loi assimile expressément le congé de paternité et d’accueil de l’enfant à une période de travail effectif pour la détermination des droits liés à l’ancienneté (indemnité de licenciement, etc.). Aujourd’hui cette absence n’est en principe pas comptabilisée dans le calcul de l’ancienneté (à la différence du congé de maternité), sauf dispositions conventionnelles ou usages plus favorables.

La loi prévoit de déconnecter l’appréciation de la condition d’ancienneté d’un an de la date de naissance ou d’arrivée au foyer d’un enfant adopté. Ainsi, le congé parental sera officiellement ouvert quelle que soit la date d’ancienneté dans l’entreprise, et donc y compris si elle est acquise après la date de naissance ou d’arrivée au foyer de l’enfant en cas d’adoption.

  • Le congé de présence parentale, le congé de solidarité familiale et de proche aidant

La loi étend les dispositifs légaux de congé de solidarité familiale et de congé de proche aidant aux employés du particulier employeur et aux assistants maternels de droit privé.

III – Les modifications apportées aux périodes d’essai

La loi DDADUE supprime la dérogation permettant de prévoir une durée de période d’essai plus longue par accord de branche qui limite la durée de la période d’essai. Cette suppression entrera en vigueur dans un délai de 6 mois à compter de la date de promulgation de la loi, soit le 9 septembre 2023. Au-delà de ce délai, la durée de la période d’essai applicable devrait être celle prévue par le code du travail.

Le Stage

Un étudiant, une personne en reconversion professionnelle, un demandeur d’emploie ou une personne en insertion peuvent effectuer des stages en entreprise ou association.

Qui peut être stagiaire ?

Un étudiant étranger peu effectuer un stage, quelle que soit sa nationalité, mais il doit être en situation régulière en France.

Conditions de recours à un stagiaire

Le stage est une mise en situation temporaire en milieu professionnel.

Il lui permet d’acquérir les compétences professionnelles liées à sa formation.

Les missions confiées dans le cadre du stage doivent être conformes au projet pédagogique de l’établissement d’enseignement.

Conditions interdites

Un stage d’étudiant ne peut pas être proposé pour les missions suivantes :

  • Remplacer un salarié en cas d’absence, de suspension de son contrat de travail ou de licenciement
  • Exécuter une tâche régulière correspondant à un poste de travail permanent (le stagiaire n’a pas d’obligation de production comme un salarié)
  • Faire face à un accroissement temporaire d’activité
  • Occuper un emploi saisonnier

Nombre de stagiaires autorisés

Pour les entreprises de moins de 20 salariés peuvent accueillir 3 stagiaires maximum en même temps.

Convention de stage obligatoire !

Durée

La durée du ou des stages ou formation effectués en milieu professionnel est de 6 mois maximum par organisme d’accueil et par année d’enseignement.

Durée maximale

Cette durée est déterminée en tenant compte de la présence effective du stagiaire dans l’organisme d’accueil de la façon suivante :

  • 7 heures de présence, consécutives ou non, représentent 1 journée de présence
  • 22 jours de présence représentent 1 mois

La durée maximale de 6 mois de stage est atteinte dès lors que le stagiaire a accompli, durant l’année d’enseignement, 924 heures de présence effective dans l’organisme d’accueil.

Délai de carence

L’employeur doit respecter un délai de carence : Période écoulée entre 2 événements entre 2 stages : il est de 1/3 de la durée du stage précédent.

Cette obligation ne s’applique pas si le stagiaire interrompt lui-même le stage.

Rémunération

Si le stage à une durée supérieur à 2 mois, le montant minimum versé pour chaque heure de présence effective est de 4,05 € (montant en vigueur en mars 2023), ce montant évolue avec l’augmentation du SMIC.

Dans certaines branches professionnelles, ce montant peut être supérieur au montant minimum légal.

L’employeur doit le vérifier dans la convention collective.

En dessous de ces seuils de durée, l’organisme d’accueil n’a pas l’obligation de verser une gratification. Si le montant horaire de la gratification est inférieur à 4,05 €, le stagiaire est exonéré de cotisations sociales.

Congés et absences

Lorsque le stage dure plus de 2 mois, la convention de stage doit prévoir la possibilité de prise de congés et d’autorisations d’absence.

Si le stage dure 2 mois maximum, la prise de congés n’est pas obligatoire.

La rémunération des congés est facultative.

En cas de maternité, de paternité ou d’adoption, le stagiaire bénéficie de congés et d’autorisations d’absence pour une durée équivalente à celle prévue pour les salariés. Durant ces absences, le maintien de la gratification n’est pas obligatoire.

Médaille du travail

La médaille d’honneur du travail récompense l’ancienneté de service des salariés du secteur privé !

La médaille du travail peut être demandé par tous les salariés de nationalités française ou étrangère travaillant sur le territoire de la république pour des employeurs française mais également les salariés travaillant à l’étranger pour un employeur français.

Un dossier (CERFA 11796/01) doit être remplit et transmis selon le département du salarié à la DREETS. Le dossier doit être transmis avant le 30 avril pour une remise de la médaille au 14 juillet ou avant le 15 octobre pour une remise de la médaille au 1er janvier sous forme dématérialisé.

Les documents à joindre sont :

  • Carte identité
  • Certificat de travail
  • Attestation de l’employeur actuel
  • Service militaire ou livret militaire
  • Relevé de rentes pour les mutilés du travail

Pour le calcul de l’ancienneté, tous les employeurs du salarié au long de sa carrière sont pris en compte.  Les périodes prisent en compte également sont les stages rémunérés, CDD, les congés de conversion, le congé maternité, paternité et d’adoption dans la limite d’un an.

La réglementation ne prévoit pas de gratification en faveur du salarié, en revanche il y a une tolérance de l’administration si l’employeur décide de verser une gratification dans la limite de la rémunération mensuelle du salarié sera exonéré de charges sociales.

La prime pourra être verser à condition que l’employeur commande et remet la médaille au salarié.

Type de médaille :

  • Médaille argent : 20 ans
  • Médaille vermeille : 30 ans
  • Médaille d’or : 35 ans
  • Grande médaille d’or : 40 ans

Santé au travail

Un suivi médical doit être organisé pour chaque salarié, quelques soit le type de son contrat CDI, CDD, intérim ou apprentissage).

La visite médicale d’information et de prévention (VIP)

Pour tout nouvel embauché, elle doit être faite dans les 3 mois qui suivent la prise de poste (avant l’embauche pour les travailleurs de nuit et les mineurs).

Le suivi médical adapté

  • Travailleurs handicapés
  • Les salariés titulaires d’une pension d’invalidité
  • Les travailleurs de nuit
  • Tout autre salarié, dont l’état de santé, âge ou conditions de travail nécessitent selon la médecine du travail un suivi adapté.

Le suivi individuel renforcé (SIR)

Suivi du salarié exposé à des risques particuliers pour sa santé ou sa sécurité ou pour ses collègues. En pratique cela concerne :

  • Les situations soumises aux risques professionnels particuliers (amiante, plomb, rayonnement ionisant, hyperbare…)
  • Les salariés affectés à des postes soumis à un examen d’aptitude spécifique
  • Toute autre situation laissée à l’appréciation de l’employeur

La périodicité des visites

Elle est déterminée par le médecin du travail mais ne peut excéder :

  • Suivi médical normal : 5 ans
  • Suivi médical adapté : 3 ans
  • Suivi médical renforcé :  4 ans (avec une visite intermédiaire effectuée par un professionnel de santé dans les 2 ans au plus tard)
  • Visite de mis carrière : l’année du 45ème anniversaire du salarié

Les visites de reprise 

Visites complémentaires aux visites périodiques à faire après une des absences suivantes :

  • Absence congé maternité
  • Absence maladie professionnelle quelque soit la durée
  • Absence d’au moins 30 jours pour accident de travail ou 60 jours pour maladie non professionnelle

La rupture anticipée du CDD

– 13 décembre 2022 –

L’employeur et le salarié peuvent rompre par anticipation un CDD uniquement pour les cas suivants :

  1. Accord des 2 parties: rédaction d’un protocole d’accord qui peut prendre la forme d’un avenant au CDD. Le protocole doit clairement mentionner que la rupture est intervenue après discussion, échange entre les parties. La date de fin doit être indiquée.
  2. Faute grave: caractère réel et sérieux. Le maintien du salarié de l’entreprise y est impossible
  3. Force majeure
  4. Rupture à l’initiative du salarié ayant trouvé un CDI : respect d’un préavis : 1 jour par semaine de travail dans la limite de 2 semaines
  5. Inaptitude constatée par la médecine du travail

En cas de rupture anticipée il n’y a pas de préavis ni d’indemnité de rupture.

Le salarié bénéficie de l’assurance chômage

Prime précarité 

La prime de précarité n’est pas dû en cas de :

  1. Faute grave
  2. Fin de la période d’essai
  3. Passage en CDI
  4. Force majeure
  5. Contrat aidé (CUI, apprentissage, professionnalisation) sauf si la convention collective le prévoit
  6. Contrat saisonnier
  7. Contrat conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires
  8. Refus d’un passage en CDI
  9. Rupture à l’initiative du salarié ayant trouvé un CDI

Contrat apprentissage 

Le contrat peut être rompu librement par une des deux parties durant les 45 premiers jours en entreprise. La résiliation doit être constaté par écrit. Le directeur du CFA et la chambre consulaire doivent être informés de la rupture